Ginkgo: le remue-mémoire!

Partie III : Des produits à la rescousse des neurones

Dans la partie qui suit, nous parlerons de six produits présumés antioxydants et/ou logo.jpg (173038 bytes)neuro-protecteurs. Les produits antioxydants permettraient d’éliminer les radicaux libres, ces substances toxiques libérées par la bêta-amyloïde dans la maladie d’Alzheimer et également par les mitochondries des neurones de cerveaux sains. Ces radicaux libres sont un des pires ennemis de nos neurones étant donné que ces cellules ne se régénèrent pas. Nous parlerons donc de trois antioxydants : 1- l’extrait de Ginkgo biloba obtenu à partir des feuilles de l’arbre du même nom, 2- le resveratrol, molécule en très grande quantité dans la peau de raisin et dans le vin, 3- la vitamine E. Pour leur part, les produits neuroprotecteurs aideraient à protéger, à cicatriser et à régénérer les neurones. Ils permettraient entre autre d’éliminer le calcium et la bêta-amyloïde dans le milieu intra-neuronal suite à un bris de membrane. Également, ils favoriseraient le transport de lipides pour réparer la membrane, et inhiberaient certaines enzymes nuisibles activées par l’entrée de calcium (PkC). Cependant, les neuroprotecteurs n’élimineraient pas les radicaux libres. Nous parlerons de 3 produits neuroprotecteurs, soit : 4- la DHEA, hormone présente dans notre organisme, 5- l’estradiol, une hormone de la famille des oestrogènes qui aurait plusieurs propriétés bénéfiques chez la femme et 6- l’IGF, un facteur de croissance qui permettrait de régénérer des neurones endommagés. Après avoir décrit ces six produits, nous pourrons passer à la quatrième partie de ce recueil, c’est-à-dire l’expérimentation visant à comparer les six produits au plan de leur capacité premièrement, à éliminer les radicaux libres et deuxièmement, à protéger les neurones de la bêta-amyloïde.

 Les antioxydants

" Pour avoir surmonté les vicissitudes de cent millions d’années, il faut que cet arbre soit issu d’une lignée bien tenace et qu’il ait été tout spécialement élu par notre " Mère nature " parmi les milliers de plantes - proches ou éloignées – qui lui étaient contemporaines. "

 

31.jpg (71793 bytes)La bombe d’Hiroshima aura marqué l’histoire de l’homme à jamais. Lors de la catastrophe, la bombe anéantit toute la ville, détruisant ses habitants, sa faune, sa flore et toutes ses structures. Rien ne repoussa du sol calciné. Rien, sauf un Ginkgo biloba, duquel on vit surgir avec stupéfaction des repousses le printemps suivant. Quarante ans ont passé, c’est maintenant un bel arbre qui nous démontre toute sa robustesse face à de si terribles événements.

Le Ginkgo est un véritable fossile vivant. Ses origines datent de plus de 300 millions d’années! Depuis l’époque de l’apparition du Ginkgo, bien des crises climatiques et géologiques ont secoué la planète. Le Ginkgo a résisté à toutes ces catastrophes en s’adaptant de façon prodigieuse. C’est un miracle qu’il soit encore présent sur terre. Le Ginkgo fait partie de la famille des Ginkgoacées qui comprend plusieurs genres : les Ginkgoïstes, les Ginkgoïdium, les Phoenicpsis…, tous fossiles. On pense que c’est un des premiers arbres sur la terre qui a eu la silhouette de l’arbre proprement dit, c’est-à-dire avec un tronc, des racines, des branches et des feuilles. Le Ginkgo est donc vraiment, vraiment âgé ! On pense que ce serait la composition des constituants de ses feuilles, riches en alcool et en cires spéciaux, qui lui aurait permis de vivre si longtemps. Un seul Ginkgo peut vivre en effet jusqu’à 1500 ans, et atteindre près de 40 mètres de hauteur !

Le Ginkgo est un splendide arbre. Il est originaire de la Chine. Là- bas, il est cultivé comme un arbre sacré. Cet arbre est dioïque, c’est-à-dire qu’il se présente sous forme mâle ou femelle. Il est assez difficile de différencier les deux sexes. Les arbres femelles ont tendance à être plus ronds, plus ramassés que les spécimens mâles qui sont plus élancés. Même en hiver, dépouillé de ses feuilles, le Ginkgo reste majestueux. Il possède de longues branches peu ramifiées, aux pousses très courtes supportant un bouquet d’innombrables feuilles serrées. Ses feuilles, en forme d’éventail chez les arbres adultes sont assez épaisses, d’abord vert clair pour les jeunes Ginkgo puis vert gris pour les plus vieux. Pour les arbres plus jeunes, les feuilles se présentent sous forme de deux lobes, d’où le nom biloba, qui signifie " feuilles bilobées ". Le terme Ginkgo quant à lui, a rapport à la longévité de l’arbre et signifie " l’arbre que le grand-père offre à ses petits-enfants ". Les feuilles sont parcourues de nervures partant de la base et mesurant en moyenne 7 cm de largeur. Au mois d’octobre, elles passent du vert à l’or et offrent un somptueux spectacle durant deux à trois semaines. Les fleurs des Ginkgo mâles sont de petits chatons allongés et jaunâtres. Les fleurs des arbres femelles se développent quant à elles à l’extrémité de longs pédoncules et se terminent par deux minuscules ovules verts et dénudés. La croissance des Ginkgo est assez rapide au début. Lorsque les conditions sont bonnes, au bout de 5 à 6 ans, le Ginkgo peut mesurer 2 à 3 mètres. La croissance ralentit ensuite et il faut un demi-siècle pour qu’il devienne un bel arbre encore jeune. L’écorce des jeunes Ginkgo est d’abord lisse puis devient craquelée et fissurée avec le temps. Sa couleur varie du brun au gris.

32.jpg (34836 bytes)Le Ginkgo biloba est un arbre qui s’adapte de façon remarquable. On peut le retrouver partout, dans tous les pays du monde, comme par exemple en Chine, en France, aux Etats-Unis, au Mexique, en Inde… et même au Québec ! Il résiste en effet à des températures jusque sous les – 25°C ! Il aime les saisons bien contrastées avec de chauds étés et de vrais hivers. Le climat ne doit cependant pas être trop sec puisqu’il a besoin de la pluie. Le Ginkgo est peu exigeant pour la qualité du terrain. Il aime cependant les sols siliceux ou silico-argileux frais. Il adore en effet que ses racines soient dans un sol qui conserve bien l’humidité toute l’année.

Étant un arbre dioïque, c’est-à-dire se présentant sous la forme d’arbre mâle ou femelle, la fécondation du Ginkgo est assez spéciale. Premièrement, il est important de se rappeler que les fleurs mâles ne se trouvent que sur les arbres mâles, et les fleurs femelles que sur les arbres femelles. Lors de la fécondation, le pollen des fleurs mâles est transporté par le vent ou par les abeilles sur les ovules des fleurs femelles. Ces ovules sont placés par paires sur chaque pédoncule de la fleur. Le pollen est alors piégé par un liquide visqueux se trouvant à l’extrémité de la fleur. Il germe alors et produit de véritables spermatozoïdes, qui nagent vers l’ovule pour fusionner avec lui. La fécondation étant faite, l’ovule fécondé se transforme en fruit, qui contient des graines : de vrais fœtus d’arbres. Lorsque l’automne arrive, le fruit pourrit, ce qui dégage une forte odeur désagréable. Ceci est la raison pour laquelle on trouve peu d’arbres Ginkgo femelles dans les villes. Après la putréfaction du fruit, les graines sont libérées. Si elles sont chanceuses, elles pourront par la suite s’enraciner, croître et donner au bout de plusieurs années de magnifiques arbres. Il est intéressant de noter que la graine du Ginkgo est comestible et fait l’objet d’un commerce en Orient. La graine du Ginkgo est en effet comparable aux pistaches.

33.jpg (71188 bytes)Ayant survécu à la bombe atomique, le Ginkgo biloba est extrêmement robuste. En effet, il résiste aux pollutions urbaines et industrielles. À New York, on s’est vite rendu compte des avantageuses caractéristiques de cet arbre et maintenant, de façon systématique, on a tendance à remplacer les arbres qui meurent par des Ginkgo. Le Ginkgo a aussi une étonnante immunité face aux parasites. Les insectes ne lui causent que de très minimes dégâts et ce, de façon occasionnelle. Enfin, on a également remarqué une très bonne résistance de cet arbre face aux bactéries et aux virus. Le Ginkgo doit avoir des caractéristiques remarquables au plan de sa structure et de sa génétique. On a donc pensé que le consommer nous permettrait d’une certaine façon, d’être plus forts et plus robustes. Les Chinois le consomment en fait depuis plus de 4000 ans. Ils consomment pratiquement toutes les parties de l’arbre : le bois, l’écorce, les feuilles et les fruits. Les feuilles sont cependant les plus reconnues pour leurs propriétés médicinales. Voyons donc maintenant quelques bienfaits de la consommation des feuilles de Ginkgo en comprimés.

Durant des recherches menées par Jerrold C. Winter à l’Université de Buffalo à l’automne 1997 visant à déterminer l’impact de l’ingestion d’extrait de feuilles de Ginkgo sur les capacités cognitives des rats, on en donna à certains rats pendant plusieurs mois. Le docteur Winter remarqua que les rats ayant pris du Ginkgo étaient beaucoup plus actifs et beaucoup plus robustes face au cancer. Également, les rats qui avaient pris du Ginkgo vécurent beaucoup plus longtemps que les rats témoins. Le docteur Winter conclut ses recherches en formulant l’hypothèse que le Ginkgo a, en plus des effets positifs sur les fonctions cognitives, un effet bénéfique sur la longévité.

34.jpg (50535 bytes)Le Ginkgo est premièrement, tout comme les vitamines C, B et la bêta-carotène, un antioxydant. Il devrait donc protéger les tissus contre les radicaux libres, cette substance dont nous avons parlé dans le chapitre précédent et qui est produite à long terme par l’oxydation, réaction chimique nécessaire au métabolisme, et aussi par la substance bêta-amyloïde lors de la maladie d’Alzheimer. Le cerveau devenant saturé en radicaux libres en vieillissant et lors de la maladie d’Alzeihmer, le Ginkgo contribuerait à enrayer de façon importante la mort de neurones et donc les pertes de mémoire ainsi qu’à améliorer les fonctions cognitives. Puisque l’ensemble des cellules de notre corps créent aussi des radicaux libres, le docteur Winter en vint à penser que le Ginkgo pourrait contribuer à ralentir le vieillissement. On a de plus constaté que le Ginkgo est aussi très bénéfique pour les porteurs du VIH car il détruit bien entendu les radicaux libres de leurs cellules mais stimule également leur système immunitaire.

En plus de cela, étant un antioxydant, le Ginkgo biloba a démontré des effets sur les vaisseaux sanguins : il dilaterait les artères, les capillaires et les veines et ce, grâce aux flavonoïdes que ses feuilles contiennent. Et qui dit meilleure circulation, dit meilleur fonctionnement général. Plusieurs recherches sur les effets de l’absorption de Ginkgo, ont démontré en effet une augmentation de la quantité de glucose envoyé au cerveau, favorisant ainsi son activité électrique, c’est à-dire le raisonnement et la mémorisation. Selon une autre étude, il améliore aussi le temps nécessaire pour interpréter les informations visuelles. On pense enfin que l’accroissement de l’apport en oxygène au cerveau préviendrait l’étourdissement et les maux de tête.

Le Ginkgo empêcherait également la formation de plaquettes sanguines à l’intérieur des parois des artères, les maintenant à leur flexibilité maximale, diminuant ainsi la formation de plaques. Il aiderait donc à soulager des problèmes de circulation tels que le syndrome de Raynaud et l’acrocyanose. Une étude approuve ces faits en ayant démontré qu’un traitement au Ginkgo améliore la viscoélasticité. L’effet dilatateur augmente cependant avec l’âge, les comprimés de feuilles de Ginkgo sont donc plus efficaces chez les personnes âgées.

Également, le Ginkgo est utilisé avec succès pour éliminer les substances lipides de notre système sanguin après un repas riche en gras. Lors de la pré-menstruation, le Ginkgo agirait pour soulager les douleurs aux seins. En plus de stimuler leur système immunitaire, le Ginkgo aurait, pour les porteurs du VIH, une efficacité contre le pneumocystis carinii, un pathogène fréquent chez les sidatiques. En Chine, on l’utilise depuis 4000 ans pour prévenir les maladies cardio-vasculaires, mais aussi pour traiter l’asthme et la bronchite. Les bienfaits du Ginkgo dans le cas de ces affections n’ont cependant pas été encore prouvés.

Pour parvenir à ces résultats, il faut cependant consommer du Ginkgo de façon régulière. Les effets des feuilles de cet arbre sont plutôt à long terme. Cependant, on n’a pas encore enregistré d’effets secondaires lors d’une consommation normale.

 

35.jpg (70942 bytes)Malgré leur alimentation très riche en gras, les Français ont le plus faible taux de maladies du cœur parmi les pays industrialisé, tout de suite après les Chinois. Cela soulève bien des questions depuis longtemps chez les scientifiques. Le cardiologue français Serge Renaud expliquerait ce faible taux par la forte consommation du vin chez les Français. De plus en plus, on vante les mérites du vin. Plusieurs études montrent en effet les propriétés bénéfiques du vin. Par exemple, une vaste étude réalisée en France auprès de 70000 personnes a démontré que le vin avait des propriétés anti-cancérigènes. En fait, les personnes ayant consommé 1 à 2 verres de vin par jour verraient leurs risques d’avoir un cancer réduits de 20% ! Des chercheurs de l’université de l’Illinois auraient également prouvé que le vin freinerait le développement des tumeurs. Une autre étude cette fois-ci menée au Danemark auprès de 12000 personnes indiquerait que les personnes qui boivent 3 à 5 verres par jour auraient un cœur en meilleure santé.

Le vin serait donc un excellent produit au plan de la prévention des maladies de cœur et du cancer. Le vin est composé de nombreux constituants aux propriétés protectrices. Le resveratrol serait un des plus étonnants de ces constituants. On retrouve cette molécule dans la peau de raisin ainsi qu’en grande quantité dans le vin. Le resveratrol protégerait les vignes des infections. En consommer permettrait également de nous protéger, comme le fait le Ginkgo. Justement, le resveratrol a des propriétés très similaires à celles du Ginkgo. Tout comme le Ginkgo, le resveratrol serait un antioxydant et donc éliminerait les indésirables radicaux libres de notre corps. Le resveratrol serait également un anticoagulant et agirait comme le Ginkgo sur nos artères et nos capillaires les rendant plus élastiques et facilitant la circulation.

36.jpg (40301 bytes)Au niveau des maladies cardiaques, le resveratrol aiderait à se débarrasser des mauvaises graisses et à augmenter la présence des " bons cholestérols ". Cela expliquerait donc le très faible taux de maladies du cœur chez les Français malgré leur alimentation relativement riche en gras. Le resveratrol serait également un excellent anti-inflammatoire. Toutes ces propriétés du resveratrol (transport de lipides, antioxydant…) sont donc extrêmement intéressantes pour les cellules neuronales si durement touchées par les radicaux libres. Des études viennent confirmer en effet l’action bénéfique du resveratrol et du vin comme prévention contre la maladie d’Alzheimer.

En effet, une étude de l’Université de Bordeaux auprès de 4000 personnes de 65 ans et plus, confirme cette hypothèse. Les personnes ayant consommé 3 à 4 verres de vin par jour, verraient une réduction de l’ordre de 75% de leur risque d’être atteints de la maladie d’Alzheimer. Également, l’étude PAQUID menée en France auprès de 3675 personnes, associerait également le vin à une baisse du risque d’être atteints de la maladie d’Alzheimer. Bien entendu, on peut penser que le vin est associé cependant à des cirrhoses du foie et à l’alcoolisme. Il faut donc éviter évidemment d’en boire plus de 4 à 5 verres par jour. On peut également manger beaucoup de raisins et boire du jus de raisin, qui contiennent en fait plusieurs des mêmes ingrédients bénéfiques qu’on retrouve dans le vin. De plus, du concentré de resveratrol se vend sur le marché.

Enfin, on ne peut pas parler des raisins sans parler des tiges de raisin et des pépins de raisins. Ceux-ci contiennent de nombreux ingrédients bénéfiques similaires à ceux des feuilles de Ginkgo biloba, notamment les flavonoïdes et les terpénoïdes. Les tiges et les pépins de raisins sont donc remplis d’antioxydants, d’anti-inflammatoire et d’autres constituants aux étonnantes propriétés. Les molécules des pépins de raisins qu’on peut retrouver dans le vin viennent donc rendre celui-ci encore plus bénéfique.

 

37.jpg (35389 bytes)Qualifiée de vitamine de la fécondité depuis les années 1920, la vitamine E ne cesse de nous surprendre. Tout d’abord, la vitamine E améliore la fonction sexuelle chez l’homme et la femme. Elle prévient aussi de nombreux cancers, les maladies cardio-vasculaires, les cataractes et protège les poumons des particules toxiques. Pendant la grossesse, la vitamine E est indispensable au développement du fœtus. Elle est également nécessaire aux muscles, aux neurones, aux capillaires ainsi qu’à la fabrication des globules rouges.

On trouve principalement la vitamine E dans les bananes, les tomates, les noix et les amandes, les légumes verts, l’huile d’arachide, le foie, les œufs, le beurre, la margarine et les germes de blé. La vitamine E ne présente aucune toxicité, même à dose élevée. Administrée en association avec la vitamine C, elle renforce l’effet inhibiteur de cette dernière sur la formation de substances cancérigènes.

La vitamine E est indispensable à l’élimination des graisses saturées. La consommation de vitamine E devrait être proportionnelle à celle des graisses saturées. La vitamine E évacue en fait les mauvaises graisses mais favorise la récupération des bonnes. Elle aiderait donc à la stabilité et à la reconstruction des membranes cellulaires. Puisque ces dernières sont le cœur des attaques des radicaux libres, on peut donc croire que la vitamine E serait un excellent candidat pour la rescousse des neurones. En plus de tout cela, la vitamine E est un autre puissant antioxydant. Cette " dévoreuse " de radicaux libres, tout comme la vitamine C et la bêta-carotène, aiderait donc à protéger toutes les cellules de notre corps et entre autre les neurones contre les effets néfastes des radicaux libres. Une recherche menée au Maryland en 1997 a démontré qu’injectée avec d’autres produits anticancéreux, la vitamine E, par ses propriétés antioxydantes, réduirait considérablement les problèmes liés au cancer du côlon. Et qui dit antioxydant dit facteur agissant contre le vieillissement. En effet, en protégeant les cellules contre les radicaux libres, la vitamine E mettrait un frein au vieillissement. On le voit, de par ses propriétés protectrices tant au niveau de la membrane cellulaire que face aux radicaux libres, la vitamine E est extrêmement intéressante en matière de neuroprotection.

 

Les neuro-protecteurs

38.jpg (47039 bytes)Certains la surnomment la pilule de jouvence. La DHEA, abréviation de dehydroepiandrostérone, est une hormone de la famille des stéroïdes. Selon plusieurs études, la DHEA procurerait une importante protection contre le cancer. Elle préviendrait l’artériosclérose et permettrait une régulation du poids. La DHEA aiderait également à la prévention des problèmes cardio-vasculaires, grâce notamment à son rôle dans l’évacuation des lipides.

La DHEA surprend plusieurs chercheurs par ses propriétés de rajeunissement. On pense notamment qu’elle aiderait au rajeunissement de la peau, de la musculature et de la densité osseuse. Il a été prouvé que le taux de cette hormone chez l’homme diminue de façon considérable avec l’âge. À 25 ans, le taux est de 30 mg, à 50 ans il est de 15 mg, à 60 ans il est de 8 mg et à 80 ans il est de 5 mg. Samuel Yen de l’Université de San Diego a d’ailleurs publié des recherches en 1994 dans lesquelles il mentionnait avoir donné de la DHEA à des patients d’âge mûr pendant plusieurs mois. Il aurait noté des changements positifs au plan biologique, physique et psychologique.

En plus de cela, la DHEA agirait sur les défenses immunitaires. De récentes études sur des personnes âgées ont démontré qu’un traitement régulier au DHEA stimulerait les fonctions immunitaires, augmentant le niveau de défenses tel que les cytokines. On a remarqué également chez les porteurs du VIH une grande vulnérabilité aux infections lors d’une carence en DHEA. Les mécansimes de la DHEA face au système immunitaire restent encore peu connus.

Enfin, en plus de la réduction des problèmes cardio-vasculaires, du renforcement du système immunitaire, de la diminution des risques de cancer, de la régulation du poids et de son action sur le vieillissement, la DHEA améliorait l’état dépressif, la résistance au stress, le sommeil et diminuerait les douleurs articulaires. En constatant tous les effets bénéfiques de cette hormone, on peut encore une fois penser qu’elle permettrait sûrement la préservation des neurones contre les effets des radicaux libres sur notre métabolisme et lors de la maladie d’Alzheimer. Même si on pense que cette hormone n’est pas antioxydante, elle permettrait une meilleure activation du système de défense du cerveau, renforçant la protection des neurones. C’est ce que nous verrons dans la prochaine partie de ce recueil.

 

Depuis plusieurs années les scientifiques reconnaissent les effets bénéfiques des oestrogènes. Ils protégeraient en fait les femmes des maladies cardio-vasculaires et de l’ostéoporose. L’estradiol est une hormone qui fait partie de la famille des oestrogènes. Certains chercheurs croient que le manque de cette hormone chez les femmes suite à la ménopause serait en cause ou favoriserait l’apparition ou la progression de la maladie d’Alzheimer chez les femmes. Une étude portant sur 8500 femmes ménopausées du WHI (Women’s Health Initiative) devrait se terminer bientôt et permettra de voir l’intérêt des traitements hormonaux contre la maladie d’Alzheimer.

L’estradiol, tout comme la DHEA et l’IGF est un neuro-protecteur. Cependant, l’estadiol n’agit pas sur les neurones comme le fait la DHEA, mais agit un peu comme l’IGF. La DHEA , rappelons-le, est un stéroïde qui stimulerait entre autre les neurones pour favoriser leur cicatrisation. L’IGF quant à lui est facteur de croissance qui favoriserait la croissance des prolongements neuronaux. L’estradiol permettrait donc la survie des neurones en stimulant la croissance des axones (comme le fait l’IGF), mais également en augmentant la consommation de glucose et la préservation des synapses : la structure des neurones nécessaire à la mémorisation.

Le manque de l’estradiol suite à la ménopause diminuerait donc la protection des neurones et ceux-ci seraient alors beaucoup plus fragiles aux lésions. Bien que plusieurs chercheurs ne croient pas à cette cause, puisque l’estradiol n’est pas présente chez les hommes et qu’il y a quasiment autant de cas d’Alzheimer chez les hommes que chez les femmes, le manque d’estradiol demeure chez d’autres chercheurs la source du problème. Il sera donc très intéressant de voir les propriétés de protection de l’estradiol sur les neurones lors de l’expérimentation.

 

IGF signifie Insulino Growth Factor. L’IGF est un facteur de croissance qui permet aux cellules de croître. Il agirait sur les récepteurs à insuline dissimulés un peu partout sur la membrane des neurones, menant à une série de réaction. Cela favoriserait une plus grande consommation de glucose par les neurones. Les neurones fabriqueraient une membrane lipidique plus épaisse et seraient donc plus résistants face aux radicaux libres. Également, la plus grande consommation de glucose permettrait à l’ensemble des activités du neurone d’être plus efficace, en particulier celles des systèmes de défense. Enfin, une consommation plus grande de glucose permettrait aux neurones de fabriquer de nouveaux prolongements neuronaux. Cela pourrait donc être avantageux contre les radicaux libres par exemple, car lorsqu’ils attaqueraient une région du neurone, celui-ci, grâce à sa consommation plus importante de glucose permise par l’IGF, pourrait créer de nouveaux prolongements éloignés du lieu de l’attaque. Le neurone pourrait donc encore communiquer avec les autres neurones, pourrait encore mémoriser de nouvelles informations et pourrait survivre ! L’IGF est donc un autre produit neuro-protecteur très intéressant.

 

 

 

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  • L’extrait de Ginkgo biloba est obtenu à partir des feuilles de cet arbre millénaire. Il comporte plusieurs principes actifs antioxydants (flavonoïdes et terpénoïdes).
  • Le resveratrol est une molécule qu’on retrouve dans la peau de raisin et qui s’apparenterait à celles des flavonoïdes du Ginkgo. Elle est un puissant antioxydant, et permettrait de lutter notamment contre des cancers et des maladie du cœur.
  • La vitamine E est contenue dans les bananes, les noix, la laitue, le foie, les œufs… Elle est un excellent antioxydant.
  • La DHEA (dehydroepiandrostérone) est une hormone de la famille des stéroïdes. Lors d’une attaque sur la cellule neuronale, elle permettrait une meilleure activation du système de défense des neurones.
  • L’estradiol est une hormone féminine dans la famille des oestrogènes. Son manque à la ménopause pourrait être en cause dans la maladie d’Alzheimer chez les femmes. Elle permettrait une meilleure protection des neurones et une sauvegarde des synapses.
  • L’IGF (Insulino Growth Factor) est un facteur de croissance neuronal. Il agirait sur les récepteurs à insuline des neurones, favorisant une consommation accrue de glucose. Cela permettrait notamment aux neurones attaqués de fabriquer de nouveaux prolongements neuronaux et de ce fait, de survivre.

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© David Laflamme, davidlaflamme@videotron.ca, école secondaire Montcalm, expo-sciences 1999