> Les dendrites
 
 
Nous sommes maintenant rendus aux dendrites. Il y a entre 1000 à 10000 dendrites par neurones. Les dendrites servent à capter les informations des autres neurones, comme un arbre et les feuilles de ses branches qui occupent le plus d’espace possible pour capter le plus de rayons solaires. Comme nous l’avons vu précédemment, lorsqu’une synapse excite une dendrite d’un neurone postsynaptique, il s’y crée un potentiel local pouvant être soit excitateur, soit inhibiteur, cela dépendant  de la configuration des chémorécepteurs sur la membrane des dendrites. Les potentiels locaux seront conduits par les dendrites jusqu’au corps cellulaire, pour y être déchiffrés. Les dendrites ont donc un peu le même rôle que l’axone, qui lui, sert à conduire le potentiel d’action d’un endroit à un autre, du corps cellulaire aux synapses. Cependant, le potentiel d’action se propageant sur l’axone ne perd jamais d’amplitude: il part à 100 mV d’intensité et  finit à 100 mV! L’axone des neurones conduit donc extrêmement bien les influx nerveux, grâce à ses électrorécepteurs. Les potentiels locaux, voyageant sur les dendrites, perdent eux, de leur intensité. Celle-ci baisse dès le début, puis baisse, baisse… jusqu ’à ce qu ’elle s ’éteigne. Habituellement, les potentiels locaux réussissent à atteindre le corps cellulaire avant d’avoir perdu toute leur intensité, quelquefois, non. Mais comment se fait donc la propagation d’un potentiel local dans une dendrite?

C’est le même principe que dans l’axone! Grâce à des électrorécepteurs qui ne s’ouvrent que lorsque la membrane autour d’eux est dépolarisée, on est capable de conduire les potentiels locaux dans les dendrites. Cependant, ce qui fait que les potentiels locaux perdent de plus en plus d’intensité après leur création est que, contrairement à ce qui se passe dans l ’axone où les électrorécepteurs sont placés de façon à ce que le potentiel d’action ne perde jamais d’intensité, les électrorécepteurs dans les dendrites sont placés de façon moins régulière et plus distante, pour que les potentiels locaux qui   s ’y propagent,  perdent, eux, de leur intensité. En effet, s ’il fallait que les potentiels locaux ne perdent jamais d’intensité avant d’arriver au corps cellulaire pour le stimuler, celui-ci atteindrait son seuil de déclenchement trop rapidement et les neurones de notre cerveau seraient continuellement bombardés de potentiels d’action! La nature a donc, encore là, extrêmement bien fait les choses, en plaçant les électrorécepteurs de nos dendrites plus distants que ceux dans l ’axone. Finalement, ce sont les microtubules qui font que les électro-récepteurs dans les axones sont placés de façon régulière et ordonnée. Ils jouent  en effet le rôle de blocs de ciment, maintenant les électrorécepteurs très proches. Les microfilaments apportent aussi la rigidité aux axones, et c’est pour cela qu’on en voit qui ont plus d ’un mètre de long.
 


Lors de leur propagation sur les dendrites, les potentiels locaux diminuent toujours d’intensité car les électrorécepteurs des dendrites sont placés de façon distante et irrégulière, contrairement aux axones, où les électrorécepteurs sont moins distants et disposés plus régulièrement grâce aux microtubules.


David Laflamme, école secondaire Montcalm, expo-sciences Bell, tous droits réservés.