> Le toucher et le réflexe

 

Maintenant que nous connaissons mieux le développement du cerveau humain, parlons du toucher et des réflexes. Partout sur notre peau, se trouvent des récepteurs tactiles appelés mécanorécepteurs. Ceux-ci sont sensibles à la force, à l'intensité, à la durée d'une pression faite sur eux. Au bout de nos doigts, la densité des mécanorécepteurs est très forte, dans le dos, elle est très faible. Lorsqu'on exerce une pression sur la peau, les mécanorécepteurs de la région en question se pressent eux aussi, créant des potentiels d'action. Si la pression est forte, ils créeront énormément de potentiels d'action; si elle est faible, ils n'en créeront pas beaucoup. C'est donc la fréquence des potentiels d'action envoyés, et non l'intensité de ces potentiels d'action, qui code la pression exercée sur les mécanorécepteurs, puisque les potentiels d'action sont toujours de nature "tout ou rien ", et ne peuvent pas,  de ce fait, changer d'intensité. Après avoir été créés, les potentiels d'action voyagent  des mécanorécepteurs par le nerf sensitif du bras. Celui-ci les envoie ensuite vers les neurones afférents de la moelle épinière, qui eux les envoient aux interneurones de la zone tactile de notre cerveau. Ceux-ci les traitent et les transforment en une réponse intelligente. En effet, les potentiels d ’action passeront à travers un gigantesque réseau d ’interneurones et, selon la façon qu ’ils sont placés et la configuration de leurs dendrites (inhibitrices ou excitatrices), les potentiels d’action sortiront en réponse intelligente. Cela donnera par la suite une série de réactions. Si par exemple, le cerveau du sujet se rend compte qu'il touche une pâtisserie, il enverra, via les neurones efférents de la moelle épinière, un potentiel d'action aux motoneurones du bras qui stimuleront par la suite les fibres musculaires du bras pour le faire plier, portant enfin la pâtisserie à la bouche du sujet! Humm! Quel délice! Bien sûr, cette réaction met en jeu beaucoup plus de neurones, comme par exemple, les motoneurones  de  la  bouche,  de  la langue, les motoneurones des glandes salivaires, les récepteurs gustatifs… et plus tard, les neurones reliant le tube digestif au cerveau!

Mais la réaction est tout à fait différente face à un stimulus dangereux pour l'organisme. Cette réaction s'appelle le réflexe. Si par exemple, un clou exerce une pression sur les mécanorécepteurs de la peau, ceux-ci créent des potentiels d'action et les envoient au nerf sensitif connecté à eux. Ces potentiels d'action parviennent à la moelle épinière, qui elle, les achemine directement, sans passer par le cerveau, aux motoneurones du bras en question, qui eux, stimuleront finalement les fibres musculaires, pour que le bras esquive le danger! Le sujet aura donc évité le clou avant même de le sentir! On a fait une expérience sur une grenouille décérébrée (qui n'a plus de cerveau),  en appliquant sur sa peau une substance acide. Résultat:  ses pattes essayent tant bien que mal d'enlever la substance! Dans le corps humain (et animal), plusieurs actions sont ainsi contrôlées par des réflexes, sans mettre en jeu le cerveau, pour économiser du temps!

Maintenant que nous connaissons le toucher, qui est un sens simple, et le réflexe, voyons maintenant les neurones en action au niveau d’un sens plus compliqué, la vision.

 


1- Lors du toucher, des mécanorécepteurs se pressent, envoient les potentiels d’action via le nerf du bras (par exemple) aux neurones afférents de la moelle épinière. Ceux-ci envoient ces potentiels d’actions aux interneurones de la zone tactile du cerveau. C’est là qu’on donnera une réponse intelligente au stimulus.  

2- Lors d’un réflexe, un stimulus, capté par des récepteurs et codé en potentiels d ’action, est envoyé à la moelle épinière. Celle-ci, sans passer par le cerveau, renvoie les potentiels d ’action aux neurones  d’une certaine zone du corps pour qu’ils accomplissent une action donnée. 


David Laflamme, école secondaire Montcalm, expo-sciences Bell, tous droits réservés.